Les Larmes de son corps

Chaque jour, chaque instant, je refusais le mal en moi, j’étouffais la colère et je courrais vers la joie. Les douleurs, plus intenses devenaient insupportables. Alors elles sont venues ; d’abord en gouttes …. puis en sanglots.

Les pensées défilent et se bousculent
Les idées viennent et repartent
Il se débat, il lutte malgré la difficulté
Il est terrifié et bouleversé

Il réfléchit mais il ne trouve pas
Il cherche mais rien ne le satisfait
Et doucement, sur ses joues, une première goutte
Il se retient, il se débat,
Mais il n’y a plus rien à faire
Elles coulent et son visage en est recouvert
Ses seules armes, les armes du réconfort
Les larmes de son corps.

A contre cœur, il murmure faiblement
Je ne me relèverai jamais
Les gouttes deviennent plus lourdes, … plus intenses
Elles le soignent malgré lui
Elles le rassurent, on dirait des amies
Ses seules armes, les larmes de son corps.

Les pensées et les idées ont disparu
Il n’y a plus d’accroche, plus d’espoir
Il ne reste que les larmes de son corps.
Doucement, elles l’apaisent, elles l’isolent.
Et peu à peu, il revient à lui, lavé et réconforté

A nouveau, il pourra continuer
A nouveau, il pourra se battre, et à nouveau il pourra crier !
Elles ont été magnifiques, parce qu’il s’est relevé
Elles lui ont parlé, elles lui ont expliqué
Et il a compris :

La force n’est pas de les repousser mais de les accepter
Le courage n’est pas de les fuir mais de les affronter
L’espoir ne demande pas une raison, mais de la foi
Et se relever exige d’un homme
Qu’il prenne conscience de son humanité.

Orphée, les douleurs de l’enfantement