La liberté

Parce que j’avais une raison, je courrais après elle. Parce que j’étais persévérant, je continuais à courir après elle. Parce que je savais pleurer, je retrouvais mes forces pour courir après elle. Mais parce que je ne pensais qu’à elle, je l’ai perdu.

Comme tous, je la désire ardemment
D’avoir autant réfléchi, de m’être autant rebellé
J’en suis arrivé à me réjouir de toute insoumission
De toutes bêtises

Comme tous, je me bats chaque jour pour elle
D’avoir autant crié insoumission
J’en suis arrivé à m’enchaîner à cette raison
A perdre par orgueil

Comme tous, je la comprends à peine
De l’avoir tant désirer, tant penser à elle
J’en suis arrivé à la définir pour moi
A l’aimer pour moi, à l’utiliser pour moi

Comme tous, elle est la raison de ma rébellion
De l’avoir tant imaginer, tant rêver
J’en suis arrivé à renier toute réalité
A perdre pied.

Comme beaucoup, je voulais que mes actes soient sans tâche
Et elle seule pouvait garantir mon libre arbitre
Je voulais avancer sans crainte
Et elle seule pouvait garantir un semblant de contrôle

Pourtant mes actes n’ont jamais été si sales
Et ma raison, si dépendante
De vouloir à tout prix briser les codes
Je ne me suis jamais accordé le temps de les comprendre

Comme beaucoup, je croyais qu’elle était toujours justifiée
Et qu’elle seule pouvait conduire à la justice
Je croyais qu’elle était vraie, sans ambigüité
Et qu’elle seule pouvait conduire à la vérité

Pourtant mon jugement n’a jamais été aussi pervers
Et mes vérités, si floues
De vouloir à tout prix me libérer des chaînes de l’éducation
Je ne me suis jamais accordé le temps de les analyser

Comme beaucoup, j’avais raison
Et elle seule comprenait
J’avais le contrôle et le « je » facile
Et elle seule approuvait

Pourtant mes arguments n’ont jamais été aussi biaisés
Et mon esprit, si étroit
De vouloir à tout prix la liberté
Je ne me suis jamais accordé le temps de préserver celle des autres

Comme beaucoup, elle était mon idéale
Et elle seule comptait
Je me gardais d’y inclure la sensibilité de la société
Et elle seule suffisait.

Pourtant mon univers n’a jamais été si imparfait
Et mon raisonnement, si incorrecte
De vouloir à tout prix me soustraire aux influences
Je ne me suis jamais accordé le temps de les étudier

Je ne la comprends toujours pas
Mais j’avance dans le même esprit
Sauf que cette fois ci,
Je renonce aux chaînes de la rébellion

Je ne la comprends toujours pas
Mais j’y pense toujours
Sauf que cette fois ci
Je garde les chaînes du respect

Je ne la comprends toujours pas
Mais je rêve toujours d’elle
Sauf que cette fois ci
Je porte les chaînes de l’humilité

Je ne la comprends toujours pas
Mais je la désire toujours
Sauf que cette fois ci
Je porte les chaînes de la tolérance

Darryl, l’enfantement