Grandir, il n’y avait que ça qui m’importait. J’avais l’impression d’affronter des problèmes plus âgés que moi, des questions plus sages que moi. J’étais à une époque de doutes, une époque obscure et je rêvais de mon paisible passé.
A la grande époque où je pouvais dire sans aucune once de doute
Que le bien était blanc, que le mal était noir et que les hommes étaient bons
A la grande époque où j’étais jeune et bourré de rêves
Bourré de forces dont je ne soupçonnais même pas l’intensité
A la grande époque où je rêvais encore
D’un amour où je pouvais me donner sans aucune peur
A la grande époque où j’étais beau…
Je suis maintenant à bout de force, à bout de nerfs, à bout …
Une époque forte en intensité où je découvre
A quel point le doute est humain
A quel point le bien et le mal sont gris
Et à quel point l’amitié est difficile
L’amour, dans tout ça devient impossible
La vie, sans lui devient insupportable
Et moi,… je prends conscience de ma laideur.
A l’époque où j’ai commencé par chérir l’espoir
Où dans le gouffre de ma solitude, partant de rien
Et ayant pour seul soutien
Une foi si insignifiante que le monde riait de moi à pleine dents
A l’époque où je me suis levé
Fatigué, blessé et meurtri
A l’époque où je me suis battu
Je n’étais pas beau, je n’étais pas laid, … j’étais fort.
Orphée, les douleurs de l’enfantement