Les études sont terminées ! Me voilà livré à moi-même. Plus jeune, je me suis déjà imaginé cette situation ; mais il faut croire que l’imagination se limite à ce qu’on pense de la réalité. Plus jeune, je me suis dit que je lutterai contre mais j’imaginais à peine ce qu’elle était… terrible mais normal… triste mais réelle. Ce fut une terrible déception, une terrible épreuve.
De la rigueur et de la discipline
Une volonté à toute épreuve,
De l’effort et de la maîtrise de soi,
Dans sa réalité, il suffit de choisir.
De l’incertitude et de la peur,
Des erreurs désespérantes et indélébiles,
Des réactions imprévisibles,
Dans sa réalité, la perfection n’existe pas.
On se surprend à perdre espoir en la rigueur,
A minimiser la force du rationnel,
A se laisser aux mains de l’incertitude,
A croire au destin et à vivre au jour le jour.
On se dit que l’effort sera vain sans essayer
Et même quand on essaie, on n’y croit pas.
On échange alors une volonté de fer contre une indifférence totale ;
Un rêve contre une utopie.
On perd espoir,
Elle crie alors : Victoire !
C’est lent mais efficace,
C’est une guerre que la réalité nous livre ;
Ses armes viennent sous les traits d’un échec, d’une maladie d’une grande solitude,
Sous les traits d’expériences malheureuses.
Ses armes nous envahissent et nous tentent
Elle nous assiège jusqu’au jour où nous expirons : Désespoir ;
Elle crie alors : Victoire !
Souvent, quand notre cœur est trop grand,
Et qu’au lieu de rêver pour un seul, nous rêvons pour plusieurs,
Elle est plus dure parce qu’elle utilise une arme redoutable : l’humanité.
Car elle sait
Le jour où nous n’y croirons plus,
Nos rêves seront perdus.
Pour cela,
Elle nous apprend que le mal est anodin
Qu’on peut être indifférent à la vue d’un homme haïssant son prochain,
A la vue d’un bébé mourant de faim,
Qu’on peut passer à côté d’une main tendue,
Qu’on peut oublier sa famille, trahir un ami,
Et refuser le pardon
Mais que malgré tout on reste humain
Elle nous fait dire que c’est normal, que c’est comme ça et que c’est tout !
Et pauvre de nous,
On l’accepte, on le digère et on l’applique !
Et peu à peu, on égare notre foi en bl’humanité
Elle crie alors: Victoire !
C’est triste mais c’est la réalité …
Alors changeons !
Darryl & Orphée, les fruits de l’enfantement.